Que so’pa en Panama Gavage à l’aurée de la jungle
Texte par Basile Hemidy | Photos © Jeremy Landrein, Mick Merrien, Basile Hemidy | Publié en février 2015
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En vérité on (Jerem Landrein, Fred Quemener, et moi-même) était partis au Panama dans l’espoir de voir l’animal ultime, le roi de la jungle, le Jeannie Longo de la sieste, la Rolls Royce de la glande : le paresseux.
On a dû se contenter de la faune locale qui désormais se résume à des surfeurs type cheveux-longs-collier-à-perles-autour-du-cou-GoPro-sur-la-tête-quad-de-location-sous-les-fesses, se rassemblant en général autour du magasin « Raggaeland », dans le centre de Locas Town, unique ville d’Isla Bolón, dont la moitié de la surface est en réalité un aéroport-terrain-de-foot, l’autre moitié étant quadrillée à l’américaine, 3 grandes rues parallèles entrecoupées par 5 ou 6 rues perpendiculaires plus petites.
Ainsi l’île est découpée en deux parties, séparées par un bras de terre. La partie sud, urbaine, avec Locas Town et son aéroport, et au nord, la jungle et le littoral sauvage : notre destination.

En 2/3 jours on a compris plusieurs trucs : la vie coûte très cher (plus cher qu'en France), niveau météo on se croirait à Brest version tropical, et les vagues sont vraiment incroyables.

Une chose surprenante sur cet archipel est la main mise de la population d’origine étrangère sur 90% des commerces. Chinois, Américains... se partagent ainsi les supermarchés, les hôtels, les restaurants, les commerces en tout genre, et agences de voyages… Tout est tourné vers le tourisme depuis une quinzaine d’années.
Le comble étant que même en se trouvant sur une île, acheter du poisson frais est quasi impossible, où sont donc passé ces branches économiques traditionnelles ? Quelques coiffeurs, producteurs d’huile de coco, vendeurs de fruits et légumes et encore, ici tout, absolument tout est importé, rien n’est produit sur place. On y trouve bien quelques bananes mais c’est tout.
Les surfaces exploitables pour d’éventuelles cultures sont finalement vendues à de futurs propriétaires de complexes hôteliers, qui malgré que chaque année les eaux grignotent plusieurs mètres de rivage, bâtissent toujours plus près de la mer à coups de mètres cube de béton. Des investissements qui d’ici 15 ans seront voués à se faire emporter par les flots.

Heureusement les Panaméens eux, la tête sur les épaules, font les choses logiquement, on trouve ainsi le vendeur de bois à côté du vendeur de clous.

Notre baraque étant située à la sortie de la ville, et non juste à côté du spot, on doit donc prendre une option pour aller surfer. Jerem et Fred choisissent le taxi. Je prends le bike. Malgré la présence d'un grand nombre de loueurs de cycles, on s’y balade difficilement en vélo dès lors qu’on sort de la ville. Les routes goudronnées sont vallonnées, les chemins en mauvais état (la pluie fréquente, la montée des eaux et les passages abondant de taxis ne leur font pas du bien), et les trajets assez longs, l’île faisant environ 20 km de longueur.

Qu’à cela ne tienne, déterminé à me remettre en forme et à la recherche permanente de tranquillité je partais tous les matins seul en vélo surfer, sentir l’air tiède sur mes yeux encore collés, le lever du soleil me réchauffant le dos. 40 minutes à pédaler, crever, dérailler, au gré des palmiers, au rythme des singes hurleurs. L’occasion pour moi de repenser à tout, ma vie, mes amours, mes erreurs. S’asseoir quelques minutes et regarder la mer translucide au teintes bleues écarlates déferlant aux premières lueurs sur les récifs coralliens, prendre conscience d’où l’on se trouve, tout oublier un instant, puis remonter en selle pour les derniers kilomètres et croiser les doigts pour la bonne orientation du vent sur le spot.
Le point d’arrivée étant la cabane de la famille de Luis (un jeune Panaméen du coin), les pieds dans l’eau en face du spot, qu’une partie de l’équipe (Chinook, Mick Merrien, Yo Meulet, Fred Couderc…) lui loue pour une bouchée de pain (1$ la nuit/personne) depuis plusieurs semaines. Pas d’électricité et uniquement l’eau de pluie et une bouteille de gaz pour cuisiner. Pas toujours facile comme quotidien, mais les gars s’en contentent sans trop de soucis. Ça se nourrit d'iguanes OKLM.

Découvrir Playa Tuff la première fois avec de bonnes conditions c’est la garantie de laisser tomber sa mâchoire dans le sable : plage sauvage, des peaks tous les 100 m, puissant, creux, parfait. Et personne à l’eau. PERSONNE. À. L'EAU. La houle étant assez conséquente durant notre première semaine de trip, les surfeurs restaient se battre sur les reefs plus au sud, pour notre plus grand bonheur.

Ainsi on y surfera quasiment tous les jours de 80 cm à 2 m bien tassé, plus ou moins parfait, mais toujours F.U.N.

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Afin de préserver un peu le spot, qui commence déjà à être bien connu, tous les noms propres apparaissant dans ce "récit" sont inventés.


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Texte par Basile Hemidy | Photos © Jeremy Landrein, Mick Merrien, Basile Hemidy | Publié en février 2015
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