Rencontre avec Benjamin Augereau Les premiers pas d’un bodyboardeur panaméen
Interview réalisée par Basile Hemidy / Photos : Mick Merrien, Hugo Lagarde, Jeremy Landrein, Basile Hemidy... | Publié en Juillet 2013
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Il existe des personnes qui parcourent sans cesse le globe à la recherche constante de la Pura Vida, de l'endless summer. Les vagues, le soleil, les rencontres, l'aventure bien loin du confort de la maison familiale, et ils ne vivent que pour ça.
Benji c'est un pote de longue date, à 14-15 ans on faisait sans problème 100 bornes tous les deux sur le même scooter pour aller surfer Porscarn ou Quiberon sans même connaître les prévisions de houle ni comment les spots marchaient exactement. On partait à l'inconnu avec comme seule connaissance le nom du spot sorti de la bouche des "grands", ceux qui avaient le permis.
Puis un jour ses parents ont décidé de déménager dans le sud ouest, à Bayonne, et Benjamin fut donc prié de les suivre, adieu la Bretagne et les cruising en scooter. Mais le destin faisant bien les choses je me suis retrouvé quelques années plus tard à Biarritz pour mes études, et ce dans le même bahut que Benji. Les retrouvailles. J'étais en BTS et lui terminait son Bac. Du coup tous les midis où les vagues étaient là, on traçait à la plage d'Ilbarritz, à 1 km du lycée, pour scorer. On arrivait en retard en cours, les cheveux mouillés, puis le week-end arrivant on se mettait des races d'anthologie dans le petit Bayonne.
Benjamin c'est un type qui se donne les moyens de vivre une vie incroyable. Il ne dit jamais non. Certains pèsent le pour et le contre avant de répondre à une proposition indécente. Lui non. Il voit uniquement le pour, et se dit "le contre on verra bien comment on peut gérer ça sur place". Une façon de faire qui l'a foutu en case prison au Mexique pendant quelques jours, mais qui dans 90% des cas, lui a fait vivre des choses hors du commun, bien loin des sentiers battus.
En lisant cette interview, dites vous bien que Benji n'a que 23 ans depuis peu, et qu'il a pourtant vécu bien plus de trucs que vous et moi.
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Yo mec ! Ça va ? Bon, déjà, t'es où là ? Et t'as fait quoi cet hiver ?
Bah ouais le man, ça va bien, toujours. L’hiver a été, je dois dire, plutôt excellent. Je n’avais jamais passé un hiver pareil auparavant, ce fut fort en aventures et en émotions ; c’est le moins qu’on puisse dire.
J’ai passé 5 mois autour du monde, qui ont commencé au mois de novembre l’année dernière avec Chinook (Nicolas Richard) lorsqu’on a pris la décision d’aller rejoindre Fred (Courderc), Mick (Merrien) et Pono (Alexandre Ponomaref) qui étaient aux Philippines. Imaginez une bande de potes qui se retrouvent à l’autre bout du monde, qui se connaissent depuis belle lurette, livrés à eux-mêmes, coupés du monde, complètement dans leur bulle... On a sacrément rigolé, puis est venue l’heure du typhon, là on a moins rigolé. Enfin je ne vais pas tout vous raconter parce que je pourrais écrire un livre.
Mais du coup après un mois passé aux Philippines, la team s’est divisée, puis une partie d’elle s’est retrouvée. Effectivement après avoir passé un mois en mode solo en NSW Australia, j’ai retrouvé les compères Fred, Mick et Pono aux Îles Cook pour 2 autres mois de folie à rôder dans le Pacifique, dont l’île incontournable et paradisiaque de Tahiti.
Ça a été un tour du monde merveilleux.
Puis voilà, je suis rentré fin mars de cet hiver de folie et je n’ai qu’une hâte : recommencer au plus vite. Le retour s’est fait dans la douleur car j’ai retrouvé les eaux bretonnes à 8°C, cagoule, chaussons. Heureusement la Bretagne était « on fire » à ce moment là.
L’eau froide me démotivant quand même, après juste deux semaines de retour en BZH, j’ai pris la décision, à la vue du report Sud Landes, de descendre pour scorer et profiter de cette occasion pour aller voir mon acolyte Chinook (qui vit provisoirement là-bas) que je n’avais pas revu depuis notre séparation des Philippines. L’heure était au récit de trips. C’est toujours bon de se poser avec un pote pour se raconter ses péripéties. La nostalgie s’est vite emparée de nous.
Voilà du coup, à l’heure qu’il est, je reviens tout juste du Sud Landes où ça a scoré grave dans une eau plutôt tempérée. Mission accomplie.
Et quoi de prévu cet été ?
Cet été, comme maintenant depuis deux étés, je dis au revoir à ma vie et au bodyboard et embarque à nouveau sur un yacht en mer Méditerranée pour une durée de 5 mois. J'y serai en tant que "moussaillon". Ça sonne plutôt comme un boulot de rêve mais ça demande énormément de travail. On est complètement coupés du monde pendant la saison à bord, c’est 18h de boulot par jour 7j/7.
Mais bon, cela me permet ensuite de voyager les 7 autres mois de l’année. J’y trouve mon compte.
Raconte nous un peu tes débuts dans le boogie, ton départ de Bretagne, ça s'est passé comment ?
Effectivement j’ai quitté la Breizh à l’âge de 15 ans pour le Sud Ouest, direction Bayonne. Je venais à peine de faire mes marques à Kerneu (Lycée de Kerneuzec à Quimperlé, Finistère Sud) que je devais déjà partir. Dur dur, car je quittais la 2K2 (la bande de bodyboardeurs de la plage du Kérou) et tous les autres potes.
Je m’en allais trouver une nouvelle ambiance, un nouveau lycée, de nouveaux potes, bref une nouvelle vie ; ou du moins une nouvelle aventure.
J’ai tout de suite été mis dans le bain car par malchance, ou plutôt par miracle, j’ai atterri dans la même classe qu’un certain Mr Julen Arriol, un atroce, comme certains le savent, mais cependant membre très actif et reconnu de la scène bodyboard basque à l’époque. Il s’est tenu garant de mon intégration et je suis donc forcément passé par de sacrées belles cuites à coup du classico « les Bretons ils savent pas boire ». Puis voilà, après, tout a été très vite, une fois que tu as couché les Basques tu peux faire ta place… haha !!
Non mais du coup Julen est devenu mon inséparable et m’a présenté tout le monde de la fameuse « murette » à Anglet ainsi que les membres de L’ASC (Anglet Surf Club) dont j’ai ensuite fait partie. Je lui dois beaucoup. Cela m’a permis de rencontrer aussi Poni (Nicolas Marianelli aka Ponicoto) et Susu (Stéphane Suarez) sur qui je pouvais toujours compter pour me « driver » sur les sessions charging. Je dois dire que grâce au bodyboard et au fait d’être Breton mon intégration s’est faite à vitesse mac10.
Puis bien entendu, une fois l’intégration réussie et la maison trouvée, j’ai vite retrouvé la 2K2 qui descendait squatter mon jardin pour les fêtes de Bayonne et tous les autres évènements du genre. Magique.
Qu'est-ce qui s'est passé ensuite ? D'où est venu le premier départ ? Et c'était pour aller où ? Ça s'est passé comment sur place ?
Ensuite j’ai passé la plupart de mon temps à aller à l’eau.
C’était à prévoir, car venant d’arriver dans la région il m’était forcement impératif de découvrir ma nouvelle aire de jeu. J’y étais tout le temps. J’ai appris à connaître les locaux et à vite découvrir qu’il y avait un sacré niveau à l’eau à chaque session. Ça motivait énormément et j’ai essayé de tirer le meilleur de chacun ce qui m'a permis de beaucoup progresser. Ça m'a coûté un redoublement car je n’étais jamais en cours. Mais on n’a rien sans rien.
J’ai doucement fait ma place sur la murette ce qui m’a permis de rencontrer beaucoup de bodyboarders, puis par la suite de partir en trip dès l’âge de 16 ans, en Irlande. L’Irlande, la destination numéro 1 en Europe pour surfer peinard des reefs bien gras équivalents à ceux d’Oz, à mon avis. C’était mon premier trip, j’y étais pendant 2 semaines, on dormait dans un break en mode manouche à manger que des « cup noodles ». Ça a tout de suite fait tilt dans ma tête, j’étais prédestiné à une vie de vagabond un peu hippie.
Du coup l’année suivante je retournais en Irlande pour un mois. Après ça, tout s’est enchaîné très vite, j’ai fini mes études en 2009, enfin j’ai eu mon BAC, woop woop, un BAC technologique hôtelier que j’ai fait à Biarritz en 3 ans. Puis, sitôt après, je partais en Nouvelle Zélande car je voulais surfer une vague qui s’appelle « Diner Plates », un monstre marin dans l’île du sud… que j’ai surfé en mode perfection. À la suite de cette session j’ai pris la décision de rester en NZ et y ai passé finalement plus de 2 ans…
Ce premier trip t'a apporté quelque chose de particulier ? Qu'est-ce qui t'a poussé à repartir ?
Ce premier voyage m’a apporté que du bon je dois dire.
J’ai découvert les vraies valeurs de la vie selon moi. Les voyages forment la jeunesse comme on dit… J’ai d’abord découvert qu’il y avait de l’eau plus froide qu’en Bretagne (si si, c’est vrai). Ensuite je me suis rendu compte que, dans certaines parties du monde, il restait encore tout à découvrir au niveau du surf. Et surtout qu’il y a des vagues partout où il y a l’Océan. Ce sont ces aspects-là qui m’ont poussé à repartir et à toujours repousser mes limites dans la découverte de spots déserts quelque soit leur localisation. La découverte de nouvelles cultures, de nouveaux modes de vie, la rencontre de nouvelles personnes, c’est ça, aussi, que je recherche quand je pars en trip.
Chaque trip est une aventure différente et un dépaysement total.
Clairement tu es déjà allé où ?
Irlande x2, Canaries, Nouvelle Zélande, Western Australia, NSW Australia, Bali, Îles Cook x2, Mexique, Guatemala, Nicaragua, Costa Rica, Philippines, Tahiti.
Financièrement tu t'en sors comment pour partir et une fois sur place ? J'imagine que tu as forcément vécu des épisodes bien galère en trip à cause du manque de sous !
Financièrement ce n’est pas toujours facile, c’est clair. Mais cependant, si la saison a été bonne, cela me permet quand même de rôder pas mal pendant l’hiver afin d’éviter le froid breton. C’est un mode de vie qui me convient pour le moment très bien, et qui m’est aussi possible car je suis jeune, sans attache ni charge fixe.
Du coup c’est vrai que je suis complètement libre de faire ce que je veux. Mais ça ne veut pas dire, pour autant, que c’est budget illimité quand je pars en trip, genre « ayé » c’est la fête. Au contraire, du fait de travailler que très peu dans l’année, le choix des destinations par la suite ne se fait pas au hasard. Ce sont des destinations, de préférence vraiment pas chères et où le coût de la vie est quasiment « donné » pour nous Européens. Du coup, en vivant à la locale, c’est à dire d’abord en changeant ses habitudes alimentaires puis aussi en s’adaptant au mode de vie des locaux, on arrive à ne pas trop dépenser et cela nous permet de rester plusieurs mois dans le même pays en dépensant finalement moins que si l’on était resté l’hiver en France.
Par contre c’est sur qu’il y aura toujours des galères de thunes à un moment ou à un autre. Et cela peut durer longtemps parfois. Alors là pour le coup la seule façon est vraiment de vivre de bric et de broc, diminuer les portions de bouffe et tout ce qui s’ensuit…
Mais un trip sans galère n’est pas un trip.
D’ailleurs la plus grosse galère qui m’est arrivée a été à Bali. Après 3 jours sur place, je me suis tout fait braquer. Là ça a été du rock baby, parce que j’étais en trip en mode solo en plus. Du coup, direction l’ambassade de France à Bali ; je me disais c’est bon les gaziers sont là pour m’aider, ça va être cool. Tu parles, ça a été un bordel monstre, ils refusaient d’ouvrir un dossier ou une demande de nouveau passeport tant que je ne pouvais pas prouver mon identité ; ce qui m’était impossible car je m’étais absolument tout fait voler.
Il n’y avait personne chez moi en France à ce moment-là, donc pas moyen d’envoyer une photocopie de passeport ou quoique ce soit pour commencer une procédure.
J’étais à Bali pour une durée de 2 semaines normalement. Avant de partir pour les Philippines. Pour finir je me suis retrouvé à Bali coincé pour une durée de 5 semaines et évidemment impossible de prendre mon vol pour les Philippines. Sur ce coup-là j’ai tout perdu.
Là où la vie est bien faite c’est que je me suis fait braquer alors que je surfais, du coup j’avais quand même ma board et j’ai scoré à Padang le temps que la procédure voie le jour. Pour ce qui était des thunes, je me débrouillais avec des mecs que je rencontrais, ou alors je me faisais nourrir par les pêcheurs sur la plage… une expérience qui a définitivement marqué ma vie et qui m’a appris à me débrouiller seul.
D'ailleurs Benji tu t'es retrouvé à bosser au Mexique c'est ça ?
Ouai, c’est ça, je vois que tu es bien renseigné. Effectivement j’ai bossé au Mexique en mode coup de vent. C’était dans un resto français en plus. J’étais en cuisine. J’avais pris la décision de travailler là-bas car après avoir déjà passé 2 mois à Puerto Escondido je commençais à être un peu short niveau money et j’avais en tête le projet de faire toute la côte Pacifique du Mexique au Panama. Alors je m’étais dit que si je bossais un peu, j’aurais pu réaliser ce projet, puis, en fait, je me suis vite aperçu que ça ne valait pas le coup car l’argent que je me faisais en une journée de boulot je le dépensais en une tournée au bar le soir après le taff. J’étais rémunéré de l’ordre de 2€ de l’heure. J’ai dû bosser 2/3 jours, haha. Du coup j’ai changé mes projets. Je me suis concentré sur les destinations que j’avais vraiment à cœur de faire avant de rentrer en France gagner un vrai salaire. C’est à ce moment-là que j’ai découvert des pays comme le Guatemala, le Nicaragua ou bien le Costa Rica. Ce fut un séjour en Amérique Centrale écourté mais qui en valait la peine.
Je me souviens aussi avoir été obligé de travailler aux Îles Cook la première année où j’ai été là-bas. J’étais sur un budget très très serré la dernière semaine et avais normalement planifié des comptes qui m’emmenaient de retour en NZ (mon pays de résidence à l’époque) jusqu’à ce que je découvre 2 jours avant mon départ que les Îles Cook avaient la taxe de départ la plus onéreuse au monde, non incluse dans mon billet d’avion ce qui est normalement le cas. Alors j’ai passé ma dernière journée de trip à travailler dans le backpacker où j’avais passé le mois entier. C’était l’unique solution qu'il me restait pour pouvoir quitter cette île. Contraint de travailler, alors que c’était l’ultime journée du trip, c’était vraiment la dernière chose que je voulais faire !
J'imagine que tu as aussi scoré comme un bâtard !
On a scoré comme des bâtards, c’est vrai, et à plusieurs reprises haha. J’ai des sessions hallucinantes et des spots de fou qui me reviennent en pagaille rien qu’à lire cette question.
Et certaines sont mêmes en Bretagne, qui l’eut cru !
Un souvenir que j’ai en commun avec Chinook, qui date de l’année dernière, est une session où on s’est gavé comme des cochons sur un reef mystique au Costa Rica, seul à l’eau avec Chinook, eau bleue turquoise, en boardshort, tous les mooves rentraient, enfin la session incroyable quoi, et le clou de fin de session y’avait même les poulettes qui nous attendaient à la sortie de l’eau. Pas beau ça !!
En mémoire j’ai aussi la vague la plus incroyable du monde, que j’ai depuis toujours en tête : La fameuse « Teahupoo ». On a eu une session mystique, non pas par la qualité des vagues ce jour là (y’avait quand même des parfaites) mais plus par l’ambiance générale à l’eau. Il y avait très peu de monde, dont des potes, et aussi les locaux, qui ont toujours le sourire et qui viennent te checker dès qu’ils arrivent au peak et le tout dans un cadre majestueux avec des vagues quand même assez incroyables.
Un souvenir gravé à vie dans ma mémoire.
Sinon en Nouvelle Zélande, j’ai plein de souvenirs de spots déserts où l’on surfait des vagues incroyables seuls à l’eau. Seuls ? Non, en fait pardon, en présence de lions de mer (énormes phoques) qui m’ont sorti de l’eau, de force. Bien flippant ! Mais j’en rigole, maintenant.
Ou bien encore, cette année, après le typhon aux Philippines, alors que tout le monde avait quitté l’île pour aller se réfugier, nous qui étions restés pour aider la population locale, avons été, une fois de plus, remerciés par mère nature car, une fois le typhon passé, elle nous a offert un Cloud 9 incroyable sans personne à l’eau.
Que t'ont apporté tous ces voyages ? Tu n'as jamais eu envie de te caler définitivement dans l'un des pays où tu es allé ?
Ces voyages sont des expériences uniques. Ils resteront tous gravés dans ma mémoire et ce pour l’éternité. Les voyages ont fait de moi la personne que je suis maintenant, sans ça, je serais peut-être dans un bureau, en costard cravate, à trier de la paperasse à longueur de journées ou bien à déprimer comme savent si bien le faire les Français. Les voyages m’ont ouvert les yeux et je sais maintenant qu’il y a une vie avant le travail et non l’inverse. Ils me permettent aussi de découvrir des populations en détresses de par leur pauvreté ou de par le manque d’aide de leur gouvernement. Ce constat me fait réagir et me donne envie de me mobiliser et de m’investir pour les aider. La France est un pays riche et nous devons être conscients de la chance que nous avons d’être nés Français.
Évidemment par la suite, tous ces voyages t’emmènent à te poser tout un paquet de questions sur ta perception des choses et sur ton environnement, lorsque tu rentres au pays.
Depuis que j’ai quitté la France après avoir eu mon BAC en 2009, j’ai dû passer un total de 6 mois sur le territoire français, ce qui me rend parfois un peu farouche et complique les choses pour m’acclimater de nouveau au système. Il m’arrive souvent de me poser la question de savoir si je suis vraiment fait pour vivre en France. La réponse est compliquée car il y a avantages et inconvénients. Et je sais aussi qu’il est important de ne pas renier ses origines. Mais je dois dire que l’envie d’aller m’installer à l’étranger et ne revenir en France que pour de courtes périodes m’enchante et verra sûrement le jour un de ces quatre.
D'ailleurs tu penses continuer à tripper encore longtemps ?
C’est une question compliquée mon Basile. Car c’est une question qui concerne mon avenir et, pour être honnête avec toi, je n’ai aucune idée moi-même de quoi demain sera fait. J’ai pris l’habitude de vivre au jour le jour et de tendre la main à toutes les bonnes occasions qui se présentent. J’ai cette idée en tête, un peu utopique, de savoir s’il est possible de parcourir le Monde avec sa planche sous le bras toute une vie. Il y a plein d’endroits où j’aimerais retourner, ou mieux, que j’aimerais découvrir. C’est peut-être un peu utopique que de vouloir vadrouiller toute une vie, mais là tout de suite à l’instant T, je dois dire, que mon âge, mon mode de vie et ma façon d’être me le permettent. Alors pourquoi devrais-je m’en abstenir ? Autant saisir cette chance tant qu’elle est encore possible.
La dernière chose dont j’ai envie c’est d’avoir des regrets plus tard en me disant « merde, si seulement j’avais fait ça ou ça ». C’est plus à 60 piges que tu peux vivre la vie que je mène maintenant et j’en suis conscient. Tu peux, j’en suis certain, continuer de tripper mais cela se fera d’une manière différente. Alors pour le moment je persiste dans l’idée de tripper un max et me dis que j’irais bien au Panama et en Amérique du Sud en fin d’année. Il doit bien rester encore quelques vagues vierges par là bas. J’aimerais bien retourner en Australie aussi car je n’ai pas forcément eu les meilleures conditions sur tous les spots. Puis il y a aussi plein de pays que j’ai envie de voir qui ne sont pas forcément des destinations surf, donc, ceux là, je me les garde pour plus tard, pour quand je ne pourrai plus rider.
Après, la vie est faite de telle sorte que, aussi bien, dans un futur proche, je peux décider de me poser et de mener une vie un peu plus banale.
Enfin bref c’est dur à dire tout ça…
Merci à toi Benji, continue à scorer et bon courage pour ta saison ! On se revoit bientôt, à l'autre bout du monde !
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Interview réalisée par Basile Hemidy / Photos : Mick Merrien, Hugo Lagarde, Jeremy Landrein, Basile Hemidy... | Publié en Juillet 2013
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